Fiche explicative de l'association Médecins pour demain
Pourquoi faisons-nous grève ?
La Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) actuelle franchit une ligne rouge. Elle transforme progressivement les médecins libéraux en variables d’ajustement comptables, au détriment des patients, de la qualité des soins et de l’accès aux soins de proximité. Ce mouvement n’est ni corporatiste, ni idéologique.
C’est un cri d’alerte responsable pour éviter l’effondrement définitif de la médecine de ville.
➡ On demande aux médecins de faire plus, avec moins, plus vite. Une logique purement comptable, déconnectée du terrain
● Objectif prioritaire : réduire la dépense, sans vision de santé publique.
● Aucun investissement structurel dans la médecine de ville.
● Charges en hausse, recettes sous pression, inflation ignorée. Cette logique fragilise directement les cabinets médicaux et menace l’accès aux soins.
Article 77 : un précédent gravissime L’article 77 de la LFSS permet au directeur de l’Assurance Maladie de modifier unilatéralement le remboursement de certains actes, sans négociation conventionnelle. Cette mesure : - crée une instabilité économique majeure pour les cabinets et les établissements de soins ; - décourage l’investissement médical ; - pénalise directement les patients, notamment dans les territoires déjà fragiles. Ce mécanisme a déjà été utilisé, avec des conséquences concrètes pour les patients et les soignants.
➡ On prétend défendre l’accès aux soins, tout en l’abîmant.
Ce que les médecins font déjà (et que l’on oublie)
Quelques réalités de terrain :
● Environ 1 million de consultations par jour en médecine de ville.
● 20 à 30 % de consultations non programmées, souvent le jour même.
● Environ 40 000 passages quotidiens aux urgences.
➡ La médecine libérale est le premier amortisseur du système de santé.Et pourtant :
● 50 % des médecins sont en situation de burn-out.
● Un tiers a plus de 60 ans.
● La charge administrative explose.
● Les délais s’allongent et les renoncements aux soins augmentent. On ne peut pas faire de la médecine et de l’administratif en période épidémique. Cette grève n’est pas…
● Une grève contre les patients.
● Une grève contre l’hôpital.
● Une grève pour des revendications individuelles.
C’est une grève POUR :
● Du temps médical.
● Des soins de qualité.
● Une médecine de proximité humaine.
● La survie de l’exercice libéral.
Pourquoi maintenant ? Chaque LFSS aggrave la situation. Les jeunes médecins fuient. Les médecins installés s’épuisent. Les patients commencent déjà à renoncer aux soins. Si nous ne disons rien maintenant, il n’y aura bientôt plus rien à défendre.
Médecins Pour Demain est une association indépendante, au-dessus des appartenances syndicales. Nous appelons à la mobilisation au-delà des étiquettes, sans polémiques ni attaques personnelles.
Nous défendons une médecine libre, accessible, humaine, au service des patients.
Réquisitions pendant la grève
● Oui à la continuité des soins en cas de péril imminent.
● Non à la banalisation des réquisitions.
● Non à l’instrumentalisation des crises sanitaires pour faire taire un mouvement légitime.
Ce que nous demandons
● Le respect du dialogue conventionnel.
● La fin des décisions unilatérales.
● Une politique de santé fondée sur les besoins réels.
● Moins d’administratif, plus de soin.
● Le respect de la médecine libérale et de sa liberté d’exercice.
Calendrier de mobilisation
● Grève nationale : du 5 au 15 janvier.
● Manifestation nationale à Paris : samedi 10 janvier.
● Temps fort de mobilisation : du 8 au 10 janvier.
Même ceux qui ne peuvent pas fermer leur cabinet sur toute la durée font partie du mouvement.